Poids & forme · 22 octobre 2026 · 12 min de lecture
Perdre 5 kg en un mois : est-ce possible ?
Les chiffres sans filtre : le déficit qu’il faudrait vraiment, pourquoi la balance s’emballe la première semaine, le rythme conseillé par les autorités de santé et un plan de 4 semaines pour perdre du poids sans vous épuiser.
Perdre 5 kg en un mois : la réponse chiffrée
Publié le 22 octobre 2026 · Par l’équipe Ember
En bref
Perdre 5 kg en un mois sur la balance est possible pour certaines personnes, mais perdre 5 kg de graisse en 30 jours demande un déficit d’environ 1 280 kcal par jour, ce qui est trop pour la plupart des gens.
La première semaine, une bonne partie des kilos perdus est de l’eau et du glycogène, pas de la graisse : c’est pour cela que le rythme ralentit ensuite.
Le rythme recommandé par le NHS et le CDC est de 0,5 à 1 kg par semaine, soit 2 à 4 kg en un mois de façon durable, un peu plus si vous partez d’un poids élevé.
Perdre 5 kg en un mois, est-ce vraiment possible ?
La réponse courte : oui sur la balance, rarement en graisse pure. Si vous tapez « perdre 5 kg en 1 mois », vous avez probablement une date en tête, un mariage, des vacances, une visite médicale, et l’envie légitime de voir un résultat rapide. Bonne nouvelle : un mois suffit largement pour changer de trajectoire et voir l’aiguille descendre. Moins bonne nouvelle : les 5 kg affichés n’auront pas tous la même valeur.
Le poids que vous lisez chaque matin mélange plusieurs choses : de la graisse, du muscle, de l’eau, le contenu de votre intestin, le glycogène stocké dans vos muscles et votre foie. Une partie peut bouger de plus d’un kilo en 48 heures sans que votre masse grasse change d’un gramme.
Pour savoir ce qui est réaliste dans votre cas, il faut donc séparer deux questions : combien de graisse peut-on perdre en quatre semaines, et combien de kilos la balance peut-elle montrer en plus.
Le calcul : 7 700 kcal par kilo de graisse, et ses limites
La règle la plus connue veut qu’un kilo de graisse corporelle représente environ 7 700 kcal. C’est la version métrique de la vieille règle américaine des 3 500 kcal par livre. Appliquée à notre objectif, elle donne : 5 kg × 7 700 kcal = 38 500 kcal à « économiser » en un mois, soit environ 1 280 kcal de déficit par jour pendant 30 jours.
Concrètement, une femme qui dépense 2 000 kcal par jour devrait manger autour de 700 kcal, et un homme qui en dépense 2 600 autour de 1 300 kcal. Le premier cas tombe sous le seuil des régimes très basses calories, qui ne se font que sous suivi médical ; le second est déjà très restrictif.
Cette règle a aussi ses limites. Le chercheur Kevin Hall, du NIH (l’institut américain de santé), a montré qu’elle colle surtout aux personnes qui ont beaucoup de masse grasse. Chez les personnes plus minces, chaque kilo perdu contient davantage de muscle et d’eau, donc moins de calories : environ 5 900 kcal par kilo pour quelqu’un qui porte 20 kg de graisse. La balance descend alors un peu plus vite, mais pas forcément pour de bonnes raisons. Son modèle dynamique rappelle enfin que la dépense baisse à mesure qu’on maigrit : sur le long terme, la règle statique surestime la perte. Sur un mois, elle reste une bonne approximation.
Pourquoi la balance chute vite la première semaine
Beaucoup de personnes perdent 1,5 à 2 kg dès les premiers jours d’un régime, puis voient le rythme ralentir brutalement. Rien d’anormal : ce sont surtout des réserves de glycogène, la forme de stockage des glucides, qui fondent. Votre corps en garde de l’ordre de 400 à 500 g dans les muscles et le foie (un ordre de grandeur qui varie selon le gabarit et l’entraînement), et chaque gramme est stocké avec au moins 3 g d’eau, selon une étude menée sur des biopsies musculaires.
Quand vous mangez moins, surtout moins de glucides, ces réserves baissent et l’eau qui les accompagne s’en va. Ajoutez un intestin moins rempli et souvent moins de sel dans l’assiette, et la balance peut afficher 1 à 2 kg de moins sans que la masse grasse ait beaucoup bougé. L’inverse se produit aussi : un repas salé ou riche en glucides peut faire remonter le poids d’un kilo le lendemain.
Pour ne pas vous laisser piéger par ces variations, lisez notre guide sur la rétention d’eau et regardez votre moyenne sur sept jours plutôt que le chiffre d’un matin.
Combien de kilos peut-on perdre en 4 semaines selon son déficit ?
Voici ce que donne le calcul pour quatre semaines, selon le déficit moyen que vous tenez chaque jour. La colonne « balance » ajoute la part d’eau et de glycogène perdue au début, qui varie beaucoup d’une personne à l’autre. On voit que les 5 kg sur la balance deviennent atteignables autour de 1 000 kcal de déficit quotidien, alors que 5 kg de graisse pure en demandent davantage.
| Déficit moyen par jour | Graisse perdue en 4 semaines | Ce que peut afficher la balance | Rythme de perte de graisse |
|---|---|---|---|
| 300 kcal | ≈ 1,1 kg | 1,5 à 3 kg | ≈ 0,3 kg par semaine |
| 500 kcal | ≈ 1,8 kg | 2 à 4 kg | ≈ 0,45 kg par semaine |
| 750 kcal | ≈ 2,7 kg | 3 à 4,5 kg | ≈ 0,7 kg par semaine |
| 1 000 kcal | ≈ 3,6 kg | 4 à 5,5 kg | ≈ 0,9 kg par semaine |
| 1 300 kcal | ≈ 4,7 kg | 5 à 6,5 kg | ≈ 1,2 kg par semaine |
Estimations d’Ember. Graisse : déficit × 28 jours ÷ 7 700 kcal. Balance : on ajoute 0,5 à 2 kg d’eau et de glycogène, très variable. Le modèle dynamique de Hall prévoit un peu moins, car la dépense baisse à mesure qu’on maigrit.
La ligne à 1 300 kcal n’est pas un objectif : elle montre ce qu’il faudrait pour approcher 5 kg de graisse, et elle dépasse le rythme conseillé pour la plupart des adultes. Les lignes à 500 et 750 kcal sont celles que l’on tient le plus souvent sur la durée.
Quel rythme de perte de poids est recommandé ?
Les autorités de santé convergent. Le NHS britannique conseille de perdre du poids progressivement, en visant 0,5 à 1 kg par semaine. Le CDC américain parle de 1 à 2 livres par semaine (environ 0,5 à 0,9 kg) et souligne que les personnes qui perdent du poids à ce rythme régulier ont plus de chances de ne pas le reprendre. En France, l’ANSES rappelle que les régimes amaigrissants ne sont pas un acte anodin et qu’une perte de poids justifiée gagne à être accompagnée par un médecin ou un diététicien.
Sur un mois, ce rythme correspond à 2 à 4 kg. C’est moins spectaculaire que 5 kg, mais cela préserve mieux le muscle et la motivation. Pour la plupart des gens, cela revient à un déficit de 500 à 750 kcal par jour, obtenu en mangeant un peu moins et en bougeant un peu plus.
Si vous ne savez pas comment fixer ce chiffre, notre guide du déficit calorique explique pas à pas comment estimer vos besoins et choisir un écart raisonnable. Le CDC rappelle d’ailleurs qu’une perte de 5 % du poids, soit 5 kg pour une personne de 100 kg, améliore déjà la tension, le cholestérol et la glycémie.
Qui peut perdre plus vite, et dans quelles conditions ?
Le même mois ne donne pas le même résultat à tout le monde. Une personne en forte surcharge pondérale dépense plus d’énergie au quotidien : son métabolisme de base et le coût de chaque déplacement sont plus élevés. Un déficit de 1 000 kcal peut alors correspondre à un apport encore confortable, alors qu’il serait intenable pour une personne de 55 kg qui dépense 1 800 kcal par jour. Plus on part d’un poids élevé, plus 5 kg en un mois devient plausible ; plus on est proche de son poids de forme, plus c’est difficile et peu souhaitable.
La recherche le confirme. Dans un essai australien publié en 2014, 200 adultes obèses ont perdu du poids soit en 12 semaines avec un régime très basses calories, soit en 36 semaines de façon progressive. Près de trois ans plus tard, les deux groupes avaient repris une part similaire du poids perdu, autour de 70 %. Perdre vite n’a donc pas fait reprendre davantage, mais ce protocole était encadré par une équipe médicale.
C’est la nuance essentielle : les régimes très basses calories (moins de 800 kcal par jour) existent, le NHS les mentionne, mais ils ne conviennent pas à tout le monde et se suivent avec un professionnel de santé, pas seul face à une application.
Les risques d’un déficit trop fort : muscle, fatigue, effet yo-yo
Quand le déficit devient trop grand, le corps ne puise pas seulement dans la graisse. Une partie de la perte vient du muscle, surtout si vous mangez peu de protéines et ne faites aucun exercice de renforcement. Une méta-analyse de 24 essais montre qu’un régime plus riche en protéines, à calories égales, limite cette perte de masse maigre et le ralentissement de la dépense au repos.
Viennent ensuite la fatigue, l’irritabilité, les difficultés de concentration et une faim qui finit par l’emporter. L’ANSES a recensé d’autres effets possibles des régimes restrictifs sur les os, le cœur et les reins, ainsi que des troubles du comportement alimentaire. Une perte de poids très rapide favorise aussi les calculs biliaires, un risque que les protocoles médicaux surveillent de près.
Enfin, il y a l’effet yo-yo. Selon l’ANSES, plus on enchaîne les régimes, plus on favorise la reprise de poids. Notre article sur le fait de manger trop peu pour maigrir détaille ces mécanismes et les signaux qui doivent vous alerter.
Plan de 4 semaines pour perdre du poids sans s’épuiser
Voici un plan raisonnable pour viser 2 à 4 kg en un mois, ou un peu plus si vous partez d’un poids élevé. Il repose sur six leviers : un déficit modéré, des protéines à chaque repas, plus de pas, deux séances de musculation, du sommeil et un suivi régulier.
- Semaine 1 : mesurer avant de couper
Notez tout ce que vous mangez pendant trois jours sans rien changer, pour connaître votre point de départ. Fixez ensuite un déficit de 500 à 750 kcal par jour. Pesez-vous trois fois par semaine dans les mêmes conditions et mesurez votre tour de taille : c’est votre référence.
- Semaine 2 : protéines et pas
Visez une portion de protéines à chaque repas, soit environ 1,2 à 1,6 g par kilo de poids par jour, une fourchette souvent utilisée en perte de poids (en cas de forte surcharge, calculez sur votre poids cible). Ajoutez 2 000 pas à votre moyenne quotidienne, par exemple une marche de 20 minutes après le déjeuner.
- Semaine 3 : musculation et sommeil
Commencez deux séances de renforcement par semaine, au poids du corps ou avec des charges : squats, pompes, tirages. Elles aident à garder le muscle pendant le déficit. Visez 7 heures de sommeil ou plus : le manque de sommeil est associé à plus de faim et d’envies sucrées.
- Semaine 4 : faire le point sans paniquer
Comparez votre moyenne de poids et votre tour de taille à ceux de la semaine 1. Si la courbe stagne depuis plus de deux semaines, ajustez de 100 à 200 kcal ou ajoutez des pas, sans tout couper d’un coup. Notre guide sur le plateau de perte de poids vous aide à faire le tri.
Le suivi est le levier le plus sous-estimé, car il est très facile de sous-estimer ce que l’on mange sans le vouloir. Avec Ember, vous prenez votre assiette en photo ou décrivez votre repas en une phrase, et les calories et les macros s’ajoutent à votre journée, avec vos pas, votre eau et votre poids au même endroit.
À retenir
Perdre 5 kg sur la balance en un mois est possible, surtout si vous partez d’un poids élevé, mais une partie de ces kilos sera de l’eau et du glycogène. Perdre 5 kg de graisse pure en 30 jours demande un déficit d’environ 1 280 kcal par jour, trop pour la plupart des adultes sans suivi médical. Un rythme de 0,5 à 1 kg par semaine, soit 2 à 4 kg en un mois, préserve votre muscle, votre énergie et vos chances de garder le résultat. Misez sur un déficit modéré, des protéines, des pas, de la musculation, du sommeil et un suivi honnête, puis jugez vos progrès sur des moyennes. Et si vous avez une maladie chronique, un traitement, des antécédents de troubles alimentaires ou beaucoup de poids à perdre, parlez-en d’abord à votre médecin ou à un diététicien.
Sources
- Hall KD et al. Quantification of the effect of energy imbalance on bodyweight. The Lancet, 2011.
- Hall KD. What is the required energy deficit per unit weight loss? International Journal of Obesity, 2008.
- Fernández-Elías VE et al. Relationship between muscle water and glycogen recovery after prolonged exercise in the heat in humans. European Journal of Applied Physiology, 2015.
- NHS. Overweight and obesity: treatment and losing weight safely.
- Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Losing weight.
- ANSES. Régimes amaigrissants : des pratiques à risque (évaluation des risques, 2010).
- Purcell K et al. The effect of rate of weight loss on long-term weight management: a randomised controlled trial. The Lancet Diabetes & Endocrinology, 2014.
- Wycherley TP et al. Effects of energy-restricted high-protein, low-fat compared with standard-protein, low-fat diets: a meta-analysis. American Journal of Clinical Nutrition, 2012.
Article d’information générale, qui ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un diététicien. Les chiffres du tableau sont des estimations calculées par Ember à partir de la règle des 7 700 kcal par kilo de graisse : la perte réelle varie selon le poids de départ, la composition corporelle et l’activité de chacun.
Questions fréquentes sur la perte de 5 kg en un mois
Sur la balance, c’est possible pour certaines personnes, en particulier celles qui partent d’un poids élevé, car une partie de la perte du début est de l’eau et du glycogène. Perdre 5 kg de graisse pure en 30 jours demande en revanche un déficit d’environ 1 280 kcal par jour, ce qui dépasse le rythme recommandé pour la plupart des adultes.
Il n’y a pas de chiffre universel : tout dépend de votre dépense quotidienne. Le calcul théorique impose de manger environ 1 280 kcal de moins que vos besoins chaque jour. Pour une femme qui dépense 2 000 kcal, cela revient à environ 700 kcal par jour, sous le seuil des régimes très basses calories qui ne se font qu’avec un suivi médical. Un déficit de 500 à 750 kcal est plus raisonnable.
Le NHS conseille de viser 0,5 à 1 kg par semaine, et le CDC 1 à 2 livres (environ 0,5 à 0,9 kg). Sur un mois, cela fait 2 à 4 kg pour la plupart des adultes, parfois un peu plus au début ou si l’on part d’un poids élevé.
Les premiers jours, vous perdez surtout du glycogène et l’eau qui l’accompagne (au moins 3 g d’eau par gramme de glycogène), ainsi qu’un peu de contenu intestinal. Ensuite, la perte reflète surtout la graisse, qui part plus lentement. Les variations d’eau peuvent masquer cette perte quelques jours : suivez une moyenne sur sept jours plutôt que la pesée du matin.
Rarement. Créer 1 280 kcal de déficit par jour uniquement par l’exercice demanderait plusieurs heures d’activité quotidienne, et l’appétit a tendance à augmenter avec l’effort. L’activité physique reste précieuse : elle augmente la dépense, aide à garder le muscle et améliore la santé. Le plus efficace est de combiner un déficit alimentaire modéré, plus de pas et deux séances de musculation par semaine.
Pas forcément. Un essai de 2014 chez des adultes obèses suivis par une équipe médicale a montré une reprise similaire, autour de 70 % du poids perdu après environ trois ans, que la perte ait été rapide ou progressive. Ce qui fait surtout reprendre, c’est un régime intenable suivi d’un retour aux anciennes habitudes. L’ANSES souligne que l’enchaînement des régimes favorise la reprise.
Parlez-en à votre médecin ou à un diététicien si vous avez une maladie chronique (diabète, maladie cardiaque ou rénale), si vous prenez un traitement, si vous êtes enceinte ou allaitez, si vous avez moins de 18 ans, des antécédents de troubles du comportement alimentaire, ou beaucoup de poids à perdre. Un régime très basses calories ne doit jamais être suivi sans accompagnement.
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