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Les bonnes graisses : guide des lipides

Pas toutes les graisses ne se valent. Découvrez lesquelles privilégier pour votre santé.

Avocat, noix et huile d'oliveNutrition

Comprendre les lipides

Rôle et importance des lipides

Les lipides (ou graisses) sont l'un des trois macronutriments essentiels, aux côtés des protéines et des glucides. Longtemps diabolisés, ils sont pourtant indispensables au bon fonctionnement de l'organisme.

Leurs rôles sont multiples et fondamentaux. Les lipides sont d'abord une source d'énergie concentrée, 9 kcal par gramme, contre 4 pour les glucides et les protéines. Ils constituent le composant essentiel des membranes cellulaires et servent de précurseurs aux hormones stéroïdiennes (testostérone, œstrogènes, cortisol). Sans eux, l'organisme ne peut pas absorber les vitamines liposolubles A, D, E et K. Le cerveau, composé à 60 % de graisses dont une grande partie d'oméga-3, en dépend directement. Enfin, via les acides gras essentiels, les lipides participent à la régulation des processus inflammatoires.

Sur le plan quantitatif, les lipides doivent représenter 35 à 40 % de l'apport calorique total. Pour un adulte consommant 2 000 kcal/jour, cela correspond à 78 à 89 g de lipides par jour. Mais au-delà de la quantité, c'est la qualité qui compte : toutes les graisses n'ont pas le même impact sur la santé.

Graisses saturées : à limiter

Les graisses saturées sont solides à température ambiante. Elles sont dites "saturées" car leurs chaînes carbonées ne contiennent pas de double liaison. On les trouve principalement dans les produits d'origine animale : beurre, crème fraîche, fromage, viandes grasses (agneau, porc, bœuf gras), charcuteries et plats préparés. L'huile de coco et l'huile de palme en sont aussi de riches sources.

Consommées en excès, les graisses saturées augmentent le LDL-cholestérol (le "mauvais"), favorisent les dépôts dans les artères, augmentent le risque cardiovasculaire et peuvent réduire la sensibilité à l'insuline. C'est pourquoi les recommandations nutritionnelles conseillent de les limiter à moins de 12 % de l'apport calorique total, soit moins de 27 g par jour pour une alimentation à 2 000 kcal. L'ANSES recommande de ne pas dépasser 8 % pour les acides gras saturés les plus délétères.

Concrètement, cela signifie remplacer le beurre par des huiles végétales riches en acides gras insaturés (olive, colza), et choisir des viandes maigres ainsi que des produits laitiers allégés. Une consommation modérée de graisses saturées dans le cadre d'une alimentation globalement équilibrée n'est pas dangereuse, c'est l'excès qui pose problème.

Graisses insaturées : les bonnes graisses

Les graisses insaturées sont liquides à température ambiante et se divisent en deux grandes catégories selon leur structure chimique.

Les mono-insaturées (oméga-9) possèdent une seule double liaison dans leur chaîne carbonée. L'acide oléique de l'huile d'olive en est l'exemple emblématique. Elles ont pour effet de réduire le LDL-cholestérol tout en maintenant le HDL (le "bon cholestérol").

Les poly-insaturées (oméga-3 et oméga-6) comportent plusieurs doubles liaisons. Ce sont des acides gras essentiels : l'organisme ne peut pas les synthétiser, ils doivent donc impérativement être apportés par l'alimentation. Les oméga-3 regroupent l'acide alpha-linolénique (ALA), l'EPA et le DHA ; les oméga-6 incluent l'acide linoléique (LA).

Favoriser les graisses insaturées présente plusieurs bénéfices : réduction du risque cardiovasculaire, effet anti-inflammatoire des oméga-3, amélioration du profil lipidique sanguin et soutien des fonctions cérébrales. L'idéal est de remplacer les graisses saturées et trans par des graisses insaturées, plutôt que de simplement réduire l'apport total en graisses.

Oméga-3 : les acides gras essentiels

Les oméga-3 sont des acides gras polyinsaturés essentiels aux effets particulièrement bénéfiques sur la santé. On distingue trois types principaux : l'ALA (acide alpha-linolénique), d'origine végétale, qui sert de précurseur aux autres oméga-3 ; l'EPA (acide eicosapentaénoïque), aux propriétés anti-inflammatoires et cardioprotectrices ; et le DHA (acide docosahexaénoïque), indispensable au cerveau et à la vision.

Leurs bienfaits sont multidimensionnels. Pour le cœur, ils réduisent les triglycérides, préviennent les arythmies et fluidifient le sang. Pour le cerveau, ils soutiennent la mémoire, la concentration et préviennent le déclin cognitif. Le DHA est un composant majeur de la rétine, et des associations positives ont été établies avec la réduction des symptômes dépressifs.

Les meilleures sources alimentaires sont les poissons gras : saumon (2,2 g/100 g), maquereau (2,5 g), sardines (1,5 g) et hareng (1,7 g). Du côté végétal, l'huile de lin est la plus concentrée avec 53 g d'ALA pour 100 g, suivie des graines de chia (17,8 g), de l'huile de colza (9,1 g) et des noix (6,8 g).

Les besoins quotidiens recommandés par l'ANSES sont de 2 g/jour d'ALA pour les femmes et 2,5 g/jour pour les hommes, ainsi que 500 mg/jour d'EPA + DHA. Dans la pratique, deux portions de poissons gras par semaine couvrent généralement les besoins en EPA et DHA.

Oméga-6 : l'équilibre est essentiel

Les oméga-6 sont également des acides gras polyinsaturés essentiels, mais leur rapport avec les oméga-3 est aussi important que leur apport absolu. Dans l'alimentation moderne occidentale, ce ratio atteint souvent 15:1 à 20:1 alors que le ratio optimal recommandé est de 4:1 à 5:1 au maximum. Un excès d'oméga-6 favorise l'inflammation et peut neutraliser les effets bénéfiques des oméga-3.

Les principales sources d'oméga-6 sont l'huile de tournesol (63 g/100 g), l'huile de maïs (58 g/100 g) et l'huile de soja (51 g/100 g), omniprésentes dans les produits transformés et les margarines. Les viandes issues d'élevages intensifs, nourries aux céréales, sont également riches en oméga-6. L'acide arachidonique (AA), dérivé des oméga-6 présent dans les viandes grasses, les œufs et les produits laitiers, est pro-inflammatoire à haute dose.

Pour rééquilibrer ce ratio, il est recommandé de réduire les huiles de tournesol et de maïs au profit de l'huile d'olive et de colza, d'augmenter la consommation de poissons gras, de limiter les produits ultra-transformés et de privilégier les œufs et viandes d'animaux nourris à l'herbe, qui présentent un meilleur ratio oméga-3/oméga-6.

Oméga-9 : les graisses mono-insaturées

Les oméga-9 sont des acides gras mono-insaturés. Contrairement aux oméga-3 et oméga-6, l'organisme peut les synthétiser, mais un apport alimentaire reste bénéfique. L'acide oléique en est le chef de file, le principal constituant de l'huile d'olive et l'acide gras mono-insaturé le plus présent dans notre alimentation.

Leurs bienfaits sont nombreux : ils réduisent le LDL-cholestérol sans diminuer le HDL, améliorent la sensibilité à l'insuline, ont un léger effet anti-inflammatoire et favorisent l'absorption des vitamines liposolubles A, D, E et K. Les études sur le régime méditerranéen les associent à une meilleure longévité.

La source la plus riche est l'huile d'olive avec 73 g d'acide oléique pour 100 g. On trouve aussi des taux élevés dans les noisettes (46 g/100 g), les amandes (32 g/100 g), l'huile d'avocat (70 g/100 g), l'huile de colza (62 g/100 g, également riche en oméga-3) et l'avocat (9,8 g/100 g), qui apporte aussi des fibres et du potassium. L'huile d'olive extra vierge, pressée à froid, est la meilleure option : elle conserve ses polyphénols antioxydants et ses vitamines. Privilégiez-la pour l'assaisonnement et les cuissons douces (sous 180°C).

Graisses trans : à éviter absolument

Les graisses trans (ou acides gras trans) sont les plus nocives pour la santé cardiovasculaire. Elles naissent lors de l'hydrogénation des huiles végétales, un procédé industriel qui solidifie les huiles liquides. Leur danger tient à un double effet délétère : elles augmentent le LDL-cholestérol ("mauvais") tout en diminuant le HDL ("bon"), favorisent l'inflammation systémique et augmentent significativement le risque de maladies cardiovasculaires, d'AVC, de diabète de type 2 et de certains cancers.

On les trouve principalement dans les margarines hydrogénées (les anciennes formulations), les biscuits et viennoiseries industriels, les chips et snacks frits, les plats préparés et le fast-food. Sur les étiquettes, elles se cachent derrière des mentions comme "graisses partiellement hydrogénées", "huiles partiellement hydrogénées", "shortening" ou "matières grasses hydrogénées".

Depuis 2021 en Europe, la teneur en graisses trans industrielles est limitée à 2 g pour 100 g de matières grasses dans les aliments. Certains pays, comme les États-Unis et le Danemark, les ont totalement bannies. Dans le doute, lisez systématiquement les étiquettes des produits industriels : même en faible quantité, les graisses trans s'accumulent et ont des effets délétères sur le long terme.

Lipides et jeûne intermittent

La qualité des graisses consommées pendant la fenêtre alimentaire du jeûne intermittent a un impact direct sur les bénéfices du jeûne.

Pendant les heures de jeûne, l'organisme passe en mode de combustion des graisses (lipolyse) et oxyde en priorité les acides gras disponibles, notamment les triglycérides stockés. Des réserves de bonnes graisses permettent une meilleure production d'énergie pendant cette phase.

Pour rompre le jeûne, certains aliments sont particulièrement adaptés. L'avocat, riche en oméga-9 et fibres, offre une excellente satiété et permet de rouvrir la fenêtre alimentaire en douceur. Les œufs apportent une source complète d'acides aminés et de lipides équilibrés. Les poissons gras mettent rapidement à disposition de l'EPA et du DHA pour le cerveau et la régulation de l'inflammation. Les noix et amandes combinent oméga-3, oméga-9 et protéines végétales. À l'inverse, les graisses trans (cookies industriels, viennoiseries) et les excès de graisses saturées sont à éviter pendant la fenêtre alimentaire : ils annulent les bénéfices anti-inflammatoires du jeûne et favorisent l'inflammation post-prandiale.

Pour les pratiquants de jeûnes prolongés ou du régime cétogène, les lipides deviennent la principale source d'énergie. Dans ce cas, privilégier les graisses de qualité, huile d'olive, huile de coco, beurre clarifié, garantit une cétose saine. Pour en savoir plus sur l'équilibre entre macronutriments, consultez notre

guide sur les macronutriments

Avertissement médical

Les informations présentées dans ce guide sont fournies à titre éducatif et informatif uniquement. Elles ne constituent pas un avis médical personnalisé.

Les besoins en lipides varient selon l'âge, le sexe, l'état de santé et le niveau d'activité physique. Consultez un médecin ou un diététicien si vous avez des antécédents cardiovasculaires, un cholestérol élevé ou du diabète, si vous prenez des médicaments hypolipémiants (statines), si vous souhaitez suivre un régime très faible en graisses ou très riche en graisses (cétogène), ou si vous êtes enceinte ou allaitante.

Ces recommandations s'appuient sur les données de l'ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation), de l'OMS (Organisation mondiale de la santé) et de l'EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments).

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